Carlos HAGE CHAHINE. La Laïcité de l’Etat et sa contrefaçon. Pouvoir spirituel - Pouvoir temporel. Beyrouth, 2014, 13,5 cm. x 21,5 cm., (9)-VI-335 pp, couverture à rabats illustrée en couleurs.
lundi 23 mars 2020
samedi 27 janvier 2018
Laïcité Chrétienne
Laïcité Chrétienne
Au sens évangélique chrétien,
la laïcité de l’Etat signifie pour les pouvoirs spirituel et temporel, un
partage qui préserve l’autonomie du second dans son domaine, où il sera maître,
sans nier la supériorité du premier par rapport au second. La loi surnaturelle
étant au sens évangélique et chrétien un accomplissement de la loi naturelle
qu’elle n’abroge ni ne remplace, la laïcité, bien comprise, ne peut fonctionner
que sous un régime, au mieux chrétien, tout au moins respectueux de la loi et
de la morale naturelles, dès lors que toute violation de ces dernières entame
et transgresse la loi surnaturelle.
Le christianisme, il est vrai,
n’a pas de compétence particulière en politique qui a une pleine autonomie dans
son domaine. Mais c’est à la condition, fort oubliée, que la politique ne
transgresse pas la loi naturelle, car le surnaturel n’abolit ni ne supplante le
naturel. La laïcité d’invention chrétienne, si elle est bien comprise, à quoi
je me suis efforcé, ne fonctionne, dans le meilleur des cas, qu’en chrétienté,
et « dans les temps de pénurie », que là où la loi naturelle est
respectée.
samedi 2 juillet 2016
Cet ouvrage solide mérite la plus grande attention
Cet
ouvrage solide mérite la plus grande attention
Alliant les approches
philosophiques et théologiques, et recourant à des maitres incontestés ainsi
qu’au magistère pontifical d’hier et d’aujourd’hui, l’auteur entend rétablir la
juste définition du rapport entre les deux pouvoirs, ceci pour garantir le bien
commun.
Libanais et catholique, Carlos
Hage-Chahine propose ici une étude très érudite sur un sujet habituellement
traité de manière trop superficielle, trop sociologique ou trop juridique, ce
qui peut alors engendrer des interprétations fallacieuses et des manipulations.
Alliant les approches philosophiques et théologiques, et recourant à des maîtres
incontestés (Aristote, saint Augustin et saint Thomas d’Aquin, Charles Journet,
Gustave Thibon, Jean Madiran, Marcel De Corte, etc.) ainsi qu’au magistère
pontifical d’hier et d’aujourd’hui (Benoît XVI), l’auteur entend donc rétablir
la juste définition du rapport entre les deux pouvoirs, ceci pour garantir le
bien commun.
Le lien entre le spirituel et le
temporel repose sur la supériorité du premier sur le second, ce qui, dans le
concret de l’exercice de chacun des deux pouvoirs, doit se traduire par « distinction »
et non par « séparation ». Or, c’est cette dernière approche que
propose la modernité européenne, notamment française, héritière de la Révolution
qui a engendré le laïcisme. Cette déviation idéologique tend à dénier à l’Eglise
le droit d’intervenir pour protéger la loi naturelle et à lui refuser toute
collaboration avec l’Etat, au fond à privatiser la foi. Tout en rappelant que l’Eglise
ne préconise aucune forme spécifique de gouvernement (cf. le Ralliement de Léon
XIII), C. Hage-Chahine, auteur de conviction, regrette la soumission des
instances officielles de l’épiscopat français à la « religion républicaine »,
évoquant au passage le défi de l’islam. Il fait également le point sur les
rapports entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, sur l’égalitarisme qui
supplante l’égalité authentique.
L’auteur n’oublie pas son pays, dont il
justifie le système confessionnel malgré ses défauts, tout en déplorant la
propension actuelle de ses compatriotes, notamment chrétiens, à imiter
servilement les mœurs françaises. Cet ouvrage solide mérite la plus grande
attention.
Annie Laurent
mardi 5 janvier 2016
AFEJ - LIBAN
‘La laïcité de l’Etat et sa contrefaçon’ par Carlos Hage Chahine http://fb.me/4SOiVjeBi
11:44 - 1 janv. 2016
jeudi 31 décembre 2015
Un sujet brûlant
Carlos Hage Chahine est
juriste, spécialisé dans la philosophie du droit. On lui doit de nombreux
articles et ouvrages notamment en collaboration avec son épouse Nevine Hage
Chahine. Il consacre aujourd’hui un essai à « La laïcité de l’Etat et sa
contrefaçon » et répond aux questions de l’Agenda Culturel. -
1- Cet
ouvrage touche à un sujet brûlant. Qu’est ce qui vous a poussé à
l’écrire ?
Il y a plus d’un
siècle maintenant que la notion, d’origine chrétienne, de laïcité de l’Etat,
dont la doctrine a été échafaudée par des siècles de chrétienté, est détournée
au profit de ce que j’ai appelé sa « contrefaçon » et qui est le
laïcisme. Comprenons bien qu’il ne s’agit pas de dénoncer une banale erreur,
autrement dit un accident qui peut arriver (accidit) dans la recherche
de la vérité, mais son exact opposé, j’entends le mensonge, une mystification
parée des plus belles vertus mais - ô combien - lourde de conséquences. Faut-il
rappeler qu’au nom du communisme et du laïcisme, c’est rien moins qu’un
totalitarisme déclaré hier, et, aujourd’hui, un « totalitarisme sournois »
(Jean-Paul II) non moins pernicieux, que ces « vertus chrétiennes
devenues folles » (Chesterton) ont engendrés. Privé de la
surnaturalité de la grâce, qui lui est absolument essentielle, le christianisme
se corrompt ; et lorsque « le levain surnaturel » se corrompt,
il corrompt simultanément la nature, il devient « un ferment de révolution
d’une virulence extraordinaire » (Maritain) à l’origine du désordre
moderne. La subversion en marche vérifie tous les jours la formule, d’une
prodigieuse exactitude, de Chesterton : « ôtez le surnaturel, il ne
reste plus que ce qui n’est pas naturel ». Ce qui se traduit dans le
langage de Maritain dans Théonas : « L’humanité qui rompt avec
la vie de l’Eglise est précipitée plus bas que si le Christ n’était pas venu. »
Et qui élucide la parole mystérieuse du Christ : « Si je n’étais pas
venu, et que je ne leur eusse point parlé, ils seraient sans péché » (Jn
15, 22).
2- Dans
cet ouvrage, vous vous inquiétez du rejet du spirituel dans la sphère privée,
tout en rejetant les abus des théocraties dominatrices. Comment trouver ce
précieux équilibre ?
Si Dieu existe, - et « Dieu
existe » répondait Soljenitsyne du tac au tac à son interrogateur sur
un plateau de télévision -, on ne peut faire comme s’il n’existe pas. C’est
pourtant ce que font les Etats qui prétendent observer une neutralité entre les
religions et dans le même temps imposent, par un acte contraignant, l’expulsion
de Dieu de tout espace public. Dieu n’a pas créé une poussière d’individus
séparés de tout lien préexistant. Créateur et Maître aussi bien des individus
que des familles, des nations, et du cosmos, Dieu a imprimé à toute sa Création
des lois que l’on ne peut transgresser. Le reconnaître n’est pas une négation
de la distinction entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel, qui est
la marque de la « saine et légitime laïcité de l’Etat ». C’en est
même, je rougis de devoir rappeler ce rudiment, la condition préalable. La
laïcité véritable suppose, au moins, le respect de la loi naturelle qui est,
comme son nom l’indique, profane. Ce ne sont donc pas les « abus des
théocraties », comme le laisse entendre votre question, que la doctrine
catholique de la laïcité dénonce, mais le principe même de la théocratie qui
est en soi un abus. La laïcité instaurée par le Christ vient précisément
restaurer un équilibre des pouvoirs en répartissant entre César et les pontifes
des pouvoirs qu’une trop longue confusion réunissait sur la tête de César à la
fois empereur et pontife. Rappelez-vous, dans la cité païenne, le pouvoir
spirituel était absorbé dans le pouvoir temporel en même temps, dit Maritain,
que l’Etat était divinisé. C’est précisément par souci d’équilibre que
« le Christ, comme l’explique le pape Gélase Ier au IVe siècle, conscient
de la fragilité humaine, a voulu que les autorités chargées de pourvoir au
salut des fidèles, fussent équilibrées dans une prudente ordonnance » et
pour cela « distingué les devoirs de chaque puissance ». C’était une
garantie ou plutôt, selon l’expression de ce saint Pape, « le remède
salutaire de l’humilité à tout retour de l’humain orgueil. » Il termine
par cette exhortation « qu’aucun ne passe les bornes de son domaine, que
chacun se tienne avec modestie à son propre rôle. Et de la sorte nul ne
songera à étouffer l’autre ». L’objurgation ne se prête à aucune ambiguïté.
Pour avoir dénié à César la « moitié » de ses pouvoirs, et malgré
l’exhortation qui leur était faite par saint Paul d’être soumis à l’autorité,
les chrétiens des premiers siècles se sont vus reprocher le manque de loyauté
envers l’Etat et attirer les foudres de Rome. Dans certaine historiographie,
l’accusation perdure contre les chrétiens d’avoir une part de responsabilité
dans la chute de l’Empire. Ce qui est à craindre en revanche ce sont les
« théocraties » laïques, qui, usurpant au profit de l’homme et des
idéologies que nous évoquions plus haut, le caractère absolu qui était réservé
au dogme, ont absolutisé le relatif. C’est méconnaître l’homme, disait
Aristote, de ne lui proposer que de l’humain. A force d’évacuer Dieu de toutes
les sphères publiques, la divinité a ressurgi pour camper des êtres relatifs,
tels que la classe, la race, la nation, la déesse liberté, voire la démocratie
qu’en France le candidat à la présidence de la République François Hollande
déclarait « plus forte que les religions », etc., etc.
Marxisme-léninisme, communisme, nazisme, laïcisme ont tous en partage la rage
de réaliser dans le temps les promesses de l’éternité. On peut se demander si le
terrorisme islamiste n’est pas le dernier-né de ces
idéologies révolutionnaires, issu et nourri de cette sorte de messianisme
qui est le propre de la Révolution.
3- Comment
votre réflexion peut-elle s’articuler sur un plan pragmatique au cas si
particulier du Liban ?
De nombreuses voix
s’élèvent au Liban pour réclamer pêle-mêle l’abolition du confessionnalisme
accusé de tous les maux et une laïcité intégrale. A les en croire l’une ne va
pas sans l’autre et inversement. Comme si confessionnalisme et laïcité étaient
antinomiques. Oui le Liban est, à sa base, un Etat confessionnel ou plutôt
multiconfessionnel, mais il s’en faut qu’il soit théocratique. Que je sache,
nous ne sommes pas plus gouvernés par le clergé qu’assujettis à des lois
d’inspiration sacrale. Hormis bien sûr le domaine du statut personnel, ce dont
je vais m’expliquer. J’ai même risqué, dans mon livre, l’affirmation que le
Liban est le dernier Etat laïque de la planète. Il n’en demeure pas moins que
le confessionnalisme n’est pas sans lien avec la religion, en ce sens que si le
sens religieux des Libanais, toutes communautés confondues, venait à
disparaître, le système du même nom perd du même coup sa raison d’être.
La seule entorse,
la seule véritable exception à la laïcité au Liban tient, ou, pour être plus
précis, a tenu pendant longtemps au sens collectivement religieux qui
fut celui des Libanais. Pour les chrétiens, le mariage religieux indissoluble
est un sacrement qui figure l’union du Christ avec son Eglise. Par égard pour
une coexistence saine et basée sur
le respect mutuel entre communautés, je ne me crois pas, sur un sujet
susceptible de toucher à la foi, autorisé à parler pour les musulmans ; à
charge pour eux de réciprocité. Cependant, vu les progrès de l’indifférence
religieuse sinon de l’incroyance, je conçois qu’il ne soit plus possible de
faire plus longtemps de la foi une condition de citoyenneté et encore moins un
carcan. La baisse du sens religieux et la multiplication qui s’ensuivit des
litiges liés au statut personnel, exposaient les tribunaux religieux compétents
à prendre de trop grandes libertés avec le droit canon, comme de déguiser les
divorces en nullité du mariage. Le mariage civil facultatif dont il est
question peut dans ces conditions offrir une alternative propre à ménager la
liberté religieuse et à la fois mettre les tribunaux religieux à l’abri de se
moquer du Bon Dieu. Quant au confessionnalisme, il n’est pas en soi pervers et
anti-laïque. Qui dit laïc, dit forcément profane, soit tout le contraire du
sacré. Or quoi de plus profane que la loi naturelle, accessible à la raison
humaine, que les docteurs de l’Eglise disent commune aux croyants et aux non
croyants ? Je ne vois pas au Liban de meilleur lieu de rencontre et de
coopération entre les différentes communautés que la loi naturelle ainsi
d’ailleurs que le préconisait le pape Pie XII sur un plan universel. Né de
circonstances historiques comme seule alternative expédiente pour les chrétiens,
après des siècles de domination et de dhimmitude, le confessionnalisme a su
ménager aux communautés un espace commun sans préjudice de l’autonomie
indispensable à leurs particularismes. Moyennant quoi elles étaient en mesure
de gérer ensemble ce qui les rassemble et séparément ce qui les sépare. Les
orientalistes ne s’y sont pas trompés en qualifiant les communautés religieuses
de véritables nations. Il ne faut donc pas plus raboter le
confessionnalisme que l’exacerber. Les sociologues conviennent que les
religions sont agglutinantes. C’est comme inscrit dans leur nature de produire
des frondaisons temporelles de type culturel. Mais le jour où le
confessionnalisme dépasse son domaine réservé qui se limite aux spécificités
propres à chaque communauté, pour empiéter sur l’espace commun à toutes, ce
jour-là est le signe d’une mutation du système sous les espèces d’une
communaulâtrie où la confession est érigée en idole comme la race ou la classe
ou la nation. Or l’espace commun est le lieu privilégié d’une compétition
politique vouée à la défense d’un bien commun supérieur. Il ne suffit pas que
les Libanais disent et redisent leur volonté de vivre ensemble. Se reconnaissent-ils dans le
Liban ? ou sert-il seulement des intérêts convergents mais passagers, le
temps de boucler leurs valises ? Car pour constituer une nation, encore
faut-il que ce vouloir se greffe sur le sentiment d’appartenir à
une communauté qui ne supprime ni ne remplace les confessions mais les
transcende. Telle est la marque de l’identité qu’il est égal que l’on
dise une communauté et que l’on dise une communauté. L’année
climatérique 2005 a révélé aux Libanais l’existence, propice à un clivage
politique, d’aspirations communes à l’indépendance et à la souveraineté
de leur pays. Traduisent-elles un sentiment réel d’appartenance à une communauté
supra-confessionnelle ? Ce sentiment est-il embryonnaire, encore
balbutiant, il revient aux Libanais de saisir la chance qui leur est donnée
d’en faire un attachement ancré, durable, viscéral ou de la laisser passer.
Carlos HAGE CHAHINE. La Laïcité de l’Etat et sa
contrefaçon. Pouvoir spirituel - Pouvoir temporel. Beyrouth, 2014, 13,5 cm. x
21,5 cm., (9)-VI-335 pp, couverture à rabats illustrée en couleurs.
http://lalaicitedeletatetsacontrefacon.blogspot.com/
mercredi 2 décembre 2015
Revue de Presse
Ils
ont lu La Laïcité de l’Etat et sa contrefaçon…
Comment
comprendre, dès lors, cette « saine et légitime laïcité de l’État », selon
l’expression de Pie XII, résumant la traditionnelle distinction des deux
pouvoirs ? C’est à cette question que s’est attelé Carlos Hage Chahine,
catholique et Libanais, dont l’origine lui a donné d’être confronté, au
quotidien, à cette question. La laïcité de l’État et sa contrefaçon est un
ouvrage bien écrit (et bien fabriqué, ce qui ne gâche rien), dont l’érudition
vient souligner l’équilibre du mot d’ordre christique.
(texte complet)
Olivier Figueras
L’origine
libanaise – et catholique – de l’auteur assure à sa réflexion une dimension à
la fois très enracinée, très française et très actuelle. Le Liban, avec son
réseau d’écoles francophones et ses liens multiséculaires avec la France, a
produit tout naturellement des auteurs qui manient avec clarté et élégance la
langue de Racine. (…) oeuvre réellement originale qui, face aux solutions
toutes faites, oppose une ouverture à la patiente et prudente appréhension du
réel… Le maître-mot de cet ouvrage : l’équilibre. (…) Voilà donc un livre qui
rend intelligent, puisqu’il force à la réflexion et à l’adéquation entre
l’intellect et le réel. (texte complet)
du 19 novembre au 2 décembre 2015
« Ouvrage
très riche ». (texte complet)
3
novembre 2015
Admirable synthèse sur ce que la Tradition nous présente comme
la saine et légitime laïcité de l’État, et l’illusion de la pseudo-laïcité qui
conduit au totalitarisme… (texte complet)
27 octobre 2015
Ouvrage
érudit et savant, il ne manque pas de causticité dans le style et d’esprit
polémique dans la démonstration. (…) Ce livre n’est pas aisé à lire pour un
chercheur ou un intellectuel imbu de culture juridique et sociologique « positiviste » ou « réaliste ». Il faut lire ce livre à
l’inverse de ce que fit Marx pour se dégager de Hegel : retirer de la gangue
mystique qui l’entoure la conception scientifique de l’Histoire. Il s’agit ici
de retirer la dimension religieuse et spirituelle de notre savoir de la gangue
positiviste qui l’enveloppe. Et ce n’est pas facile ! (texte complet)
5 février 2015
« Sujet très délicat… » (vidéo complète)
8 novembre 2014
À toutes
les époques, des divisions ont marqué les rapports entre le pouvoir temporel et
le pouvoir spirituel. La distinction entre le religieux et le civil ne date pas
d'hier. Le Christ demandait déjà à ses contemporains de « rendre à César ce qui
est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Aujourd'hui, sur ce sujet brûlant,
des centaines d'articles et d'ouvrages paraissent. Carlos Hage Chahine,
juriste, spécialiste de la philosophie du droit, leur consacre un essai La
laïcité de l'État et sa contrefaçon, qu'il signera demain au Salon du livre.
Pourquoi un tel livre aujourd'hui ?... (texte complet)
06/11/2014
Rendre à César...
« Il
ne faut pas bouder un plaisir devenu rare… les bonnes manières d’une
civilisation qui s’échappe… »
Voilà donc un livre qui rend intelligent,
puisqu’il force à la réflexion et à l’adéquation entre l’intellect et le réel.
Et parce qu’il ne faut pas bouder un plaisir devenu rare, ajoutons combien il
est joliment édité, cousu, agréable à tenir en main et doux pour les yeux. Les
bonnes manières d’une civilisation qui s’échappe… (texte complet)
Jeanne Smits
Du 19 novembre au 2 décembre 2015
La laïcité de l’État
et sa contrefaçon est un ouvrage bien écrit (et bien fabriqué, ce qui ne gâche
rien), dont l’érudition vient souligner l’équilibre du mot d’ordre christique. (texte complet)
Olivier Figueras
mardi 1 décembre 2015
Où trouver et commander La Laïcité de l'Etat et sa Contrefaçon.
La
Laïcité de l’Etat et sa contrefaçon. Pouvoir spirituel - Pouvoir temporel.
Beyrouth, 2014, 13,5 cm. x 21,5 cm., (9)-VI-335 pp, couverture à rabats
illustrée en couleurs.
Peut être trouvé au LIBAN dans toutes les
bonnes librairies :
Peut être commandé EN LIGNE

samedi 28 novembre 2015
Ouvrage très riche
Pouvoir spirituel/Pouvoir temporel : « Ouvrage
très riche »
Pouvoir
spirituel et Pouvoir temporel,
La laïcité de l'Etat et sa contrefaçon
de Carlos Hage Chahine (Beyrouth, 2014). Ouvrage très riche : « Individu
et personne ou les deux cités » (Ière partie) ; « La doctrine de la
distinction ou la subordination de l'inférieur au supérieur » (IIème
partie) ; « La doctrine de la séparation ou la subordination du supérieur à
l'inférieur » ; avec les Annexes sur : la loi naturelle, les dhimmis dans les pays conquis par
l'islam, le confessionnalisme ou L'histoire d'un double mythe, grandeur et déchéance
du confessionnalisme libanais.
3
novembre 2015
vendredi 27 novembre 2015
Une laïcité divine
Une
laïcité divine
Depuis que le Christ a
fixé la règle de la laïcité – « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce
qui est à Dieu », prenant prétexte de ce que les fidèles étaient aussi leurs
sujets (ou leurs concitoyens), les princes de ce monde n’ont guère manqué de confondre,
sans amour, les deux cités ; imités en cela, soyons honnêtes, par certains
princes de l’Église. Comment comprendre, dès lors, cette « saine et légitime
laïcité de l’État », selon l’expression de Pie XII, résumant la traditionnelle distinction
des deux pouvoirs ?
C’est à cette question
que s’est attelé Carlos Hage Chahine, catholique et Libanais, dont l’origine lui
a donné d’être confronté, au quotidien, à cette question. La laïcité de l’État
et sa contrefaçon est un ouvrage bien écrit (et bien fabriqué, ce qui ne gâche
rien), dont l’érudition vient souligner l’équilibre du mot d’ordre christique. Chacun
demeure maître chez soi, même si, la cité spirituelle devant survivre à la cité
temporelle dans l’autre monde, sa finalité lui donne préséance.
Difficile pourtant de
faire admettre cette verticalité, quand l’opinion d’un grand nombre stigmatise comme
une contradiction absolue, l’idée d’une deuxième dimension des pouvoirs.
De citations des papes
en travaux de penseurs – Jacques Maritain, Marcel De Corte, Charles De Koninck,
Michel Villey, dont il est familier, et Jean Madiran, dont il fut comme un fils
intellectuel – Carlos Hage Chahine montre que l’Église a toujours défendu une
distinction faite non d’opposition, mais de complémentarité entre pouvoir temporel
et pouvoir spirituel.
Dès lors, lorsque la
laïcité se fait contradiction, elle n’est plus nature mais idéologie : le laïcisme,
qui n’est, nous dit le sous-titre de l’ouvrage, que la « contrefaçon » – comme
tous les totalitarismes en définitive – de cette légitime et saine laïcité. Et
qui retrouve, par delà l’opposition des genres, la confusion dominatrice d’une
théocratie à quoi se limite l’islam. Et c’est bien parce que le Liban, malgré
certains avatars, est fondé sur cette distinction sans séparation que l’auteur
le nomme « dernier État laïc de la planète ».
Une laïcité qui est,
avant tout, un équilibre – parfois délicat selon les vicissitudes du temps. Individu
appartenant à une cité, partie d’un tout, l’homme doit, tout entier parfois,
coopérer au bien commun de sa patrie ; créature rachetée, doué d’une âme
immortelle, il est en outre destiné à une fin éternelle, Dieu. Et la cité
terrestre ne saurait l’en distraire, encore moins l’en détourner. Car, à la
fin, tout est à Dieu, y compris César…
Olivier Figueras
Carlos
Hage Chahine, Pouvoir spirituel, pouvoir temporel – La laïcité de l’État et sa
contrefaçon. Éditions C. & N. Hage Chahine, 336 pages. Édité en 2014 au
Liban, l’ouvrage est désormais disponible en France, auprès de l’abbaye du Barroux : www.barroux.org
samedi 21 novembre 2015
Regard critique sur la laïcité
Les
interrogations suscitées par l’islam ravivent le débat sur la laïcité
Regard
critique sur la laïcité
Catholique d'origine libanaise, Carlos Hage Chahine
s'inquiète du rejet du spirituel dans la sphère privée. Son livre rend
intelligent, puisqu’il force à la réflexion.
A l’heure des attentats menés par des partisans
du Califat islamique, il n’y a sûrement pas de question plus urgente que celle
de la laïcité. On est tenté de l’opposer au totalitarisme islamique : puisque
l’islam, et plus encore l’État islamique, confondent le spirituel et le
temporel, il faut les séparer ! Cette réponse à l’emporte-pièce a l’inconvénient
de vouloir laisser l’homme prisonnier d’une “démocratie totalitaire” où sa
volonté est la mesure et la fin de toutes choses. Pour réfléchir à la juste distinction
entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel, un livre de Carlos Hage Chahine,
La Laïcité de l’État et sa Contrefaçon, est venu l’an dernier apporter des
éléments précieux. Publié à Beyrouth, il est enfin disponible en France.
Une tentation mortifère
L’origine libanaise – et catholique – de l’auteur
assure à sa réflexion une dimension à la fois très enracinée, très française et
très actuelle. Le Liban, avec son réseau d’écoles francophones et ses liens multiséculaires
avec la France, a produit tout naturellement des auteurs qui manient avec
clarté et élégance la langue de Racine. C’est aussi un pays multiconfessionnel où
chaque communauté possède une forme de droit propre, notamment en matière de
droit des personnes : véritable condition de survie, notamment pour les
chrétiens. Tournée vers la France, une part de la jeunesse intellectuelle
libanaise croit aujourd’hui venir à bout de difficultés nationales en réclamant
une révolution : la séparation des pouvoirs. Carlos Hage Chahine répond à cette
tentation qu’il estime mortifère, et ce faisant offre un regard lucide sur
l’effet du rejet du spirituel dans la sphère privée, derrière les portes closes
des églises et des foyers. Et ainsi sa réflexion devient aussi leçon pour la
France. Cette France dont la classe politique dans sa grande majorité dit avec Chirac
: « Non à une loi morale qui primerait sur la loi civile. » Là est le noeud de
la question. Où passe la frontière entre le spirituel et le temporel ? Y a-t-il
des liens entre eux ? L’organisation politique de la cité peut-elle se passer
d’une référence à quelque chose qui la dépasse ? L’Église a-t-elle un droit de
regard et de parole sur ce qui se passe dans la cité ?
Empirisme organisateur
À toutes ces questions, Carlos Hage Chahine répond
avec clarté, appuyé sur les épaules de bien des géants : Marcel De Corte,
Charles De Koninck, Michel Villey, Jacques Maritain (première manière !), et
Jean Madiran dont il était proche. Avec modestie, l’auteur laisse à ces
philosophes, ces juristes, ces penseurs religieux que relie le thomisme tout le
mérite de sa propre argumentation. En réalité, la mise en perspective de leur pensée
aboutit à une oeuvre réellement originale qui, face aux solutions toutes faites,
oppose une ouverture à la patiente et prudente appréhension du réel. “Empirisme
organisateur” ? C’est un peu cela : Hage Chahine rappelle les principes et incite
chacun à en tenir compte dans les circonstances qui changent. Le maître-mot de
cet ouvrage : l’équilibre. En rappelant que le pouvoir spirituel a pour
finalité le salut éternel, et le pouvoir temporel le bien des patries
charnelles, l’auteur montre que les frontières entre eux – forcément disputées
lorsque l’un veut empiéter sur l’autre – sont assez nettes pour permettre
toutes sortes d’organisations de l’État et de la société, depuis l’État
confessionnel jusqu’à l’État qui respectera, au minimum, la loi naturelle
inscrite dans le coeur de tout homme. En deçà, c’est la persécution, et
l’Église du silence, dans les “démocraties religieuses” qui s’arrogent en fait le
pouvoir spirituel.
La partie d’un tout
En même temps, ce livre évite l’écueil de
“l’excès de pouvoir” des clercs (on pense à la prédication climatologique actuelle
d’un pape François, alors que rien ne prouve que la lutte contre le réchauffement
soit nécessaire au salut des âmes !) et celui de l’étatisme qui subordonne tout
à la nation. En tant qu’individu, rappelle Carlos Hage Chahine de manière
lumineuse, l’homme est partie d’un tout et soumis au bien commun que celui-ci
assure ; c’est ainsi que se justifie le sacrifice de la vie pour la patrie. Mais
en tant que personne douée d’une âme immortelle, l’homme est fait pour un plus
grand bien, un plus grand tout : une fin surnaturelle, Dieu lui-même, et cela
justifie que tout ne soit pas soumis à l’État. Voilà donc un livre qui rend intelligent,
puisqu’il force à la réflexion et à l’adéquation entre l’intellect et le réel.
Et parce qu’il ne faut pas bouder un plaisir devenu rare, ajoutons combien il
est joliment édité, cousu, agréable à tenir en main et doux pour les yeux. Les bonnes
manières d’une civilisation qui s’échappe…
✓ Carlos Hage Chahine, Pouvoir spirituel, pouvoir temporel – La
laïcité de l’État et sa contrefaçon, éditions C & N Hage Chahine, 335
pages, 18 euros ; à commander à l’Artisanat monastique de Provence, tél. 04 90 62 25 23, www.barroux.org
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